PRESENTATION

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Maintenant que le paysage vernaculaire canin a été esquissé, il est grand temps de vous parler de moi, enfin plus exactement de la race à laquelle j’ai l’insigne honneur d’appartenir. Car vous constaterez bientôt, à la lecture de mon blog, que les informations standardisées sur le Kishu ne reflètent pas forcément toute la vérité et rien que la vérité sur le sujet. Mais faudrait-il s’en étonner ? Après tout, quel bipède humain saurait répondre en tout point aux stéréotypes de race, culture, civilisation ou nationalité susceptibles de lui être attribués. Tout individu, Homo sapiens ou animal, n’est-il pas, avant tout, le fruit d’une composition singulière mêlant, à la fois, un capital héréditaire, une éducation et les expériences d’un vécu propre ?

S’il fallait nous résumer d’une phrase, je dirais, en toute modestie, que, de taille moyenne, à la fois robuste et compact mais parfaitement proportionné, le Kishu conjugue noblesse et élégance. Sous son apparence de « renard polaire », le Kishu est une race très ancienne dont il est dit qu’elle serait apparue bien avant l’Akita et le Shiba. C’est sans doute dans cette longévité qu’il faut chercher le point-clé qui préside à l’interaction entre un Kishu et son « maître » : l’exigence d’un respect mutuel. Seule cette réciprocité librement consentie permet d’établir les conditions d’une communication riche et la création d’un lien durable entre eux.

C’est peut-être la sagesse propre à cette même longévité qui a rendu le Kishu naturellement silencieux : il aboie très rarement, même lorsqu’il croise des chiens qui donnent de la voix pour se faire remarquer. Est-ce parce qu’il a compris depuis longtemps qu’il a d’autres atouts à faire valoir pour attirer l’attention ? Avec un Kishu, le bipède référent n’a aucun risque de participer malgré lui à un concours vocal de virilité mal placée, au grand dam du voisinage. Pour autant, il peut arriver qu’il se manifeste en croisant la route de chats ou de chiens suscitant quelque intérêt de sa part. Car, s’il n’aboie pas facilement, le Kishu parle en revanche, ou devrais-je dire, il vocalise : il possède en effet toute une série de mélopées pour exprimer ses besoins ou son humeur du moment. De ses origines lupoïdes, il conserve aussi son chant du loup, souvent pour exprimer un sentiment positif, parfois pour faire écho à une sirène d’ambulance.   

Parfois hautain envers ses congénères à quatre pattes, voire avec quelque malotru bipède en demande d’un contact physique auquel il ne veut pas consentir, le Kishu excelle dans l’art d’ignorer autrui, que ce soit en détournant ostensiblement la tête ou en présentant son dos, histoire de signifier son désintérêt pour cette rencontre.

Le Kishu est originaire de l’ancienne province du Kii (région à cheval sur les préfectures de Mie et de Wakayama – île de Honshu), d’où il tire son nom. Vers le milieu des années 1930, sa robe unicolore (de couleur blanche) a été privilégiée par rapport aux robes, rousse et sésame, devenues plus rares de nos jours. Ce choix s’explique par le fait que le Kishu a longtemps été spécialisé dans la chasse aux cervidés, puis aux sangliers ; une robe blanche lui assurait une visibilité qui évitait les accidents de tir. Ce choix, à l’origine pragmatique et non esthétique, contribue aujourd’hui à son succès d’estime. La race a été classée « Monument naturel » en 1934, puis reconnue à titre définitif par la Fédération cynologique internationale en 1982 (Groupe 5, section 5, n°318).

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